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 Goodbye's Letter [Gazette]

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Vicky Venin
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MessageSujet: Goodbye's Letter [Gazette]   Sam 10 Jan - 2:55

    Titre : Goodbye's Letter
    Auteur : Victoria Venin [moi]
    Warning : big mélancolie, c'eytoo...
    Personnages : Takanori pleure, Suguru narationne... vous avez plus qu'à lire, quoi >.>
    Commentaire : Vicky gros coup de barre, alors Vicky retourne à ses premières amours : le one shot de gros dépressif. Yeaaah~ Alors on se met bien dans l'ambiance avec To Zanarkand ou Eternity Memory of Lightwaves de Final Fantasy Piano Collection ou même Hogake's Funeral de l'OST de Naruto, on se rappelle tout les gens/animaux morts dans notre entourage, et une fois que les larmes commencent à venir, on lit.

Goodbye's Letter



Au revoir, à bientôt, pour toujours, à jamais, adieu...

C'était une façon pour lui de dramatiser. Ca l'a toujours amusé de rendre les choses plus tristes, comme le doux euphémisme d'une mort indolente.
Takanori aimait le malheur à s'en fendre l'âme lui même, et la peine le faisait vivre mieux qu'aucune autre sorte de joie.
Car il me disait toujours, en larmes, qu'être triste, c'était sa façon d'être joyeux.
Moi j'étais triste pour lui, il trouvait son bonheur d'une manière qui étouffait le mien, et c'est ce qui nous à toujours séparé.
Nous avions beau apprécier les qualités humaines de l'autre, il y avait toujours ce fossé formé par nos différentes perceptions des sentiments. Plutôt la sienne, sans vouloir l'incriminer...

Les jours de pluie, il était encore plus heureux, ou bien plus triste, je ne sais plus trop. A chaudes larmes, il me disait qu'il fallait toujours apprécier à sa juste valeur la compassion du ciel pour cette terre aride de véritables intentions et de sentiments purs.
Je m'asseyais près de lui et on regardait tous les deux les nuages pleurer, lui les accompagnant, moi me retenant.

C'est drôle, contrairement à lui, je n'ai jamais aimé pleurer. J'ai toujours vécu ça comme une douleur plus qu'une libération, j'ai toujours serré les dents chaque fois que mes yeux se faisaient humides.
Je n'y voyais pas une quelconque preuve de faiblesse, juste une perte, un bleu à l'âme bien inutile.
Déjà tout petit, mon objectif premier avait été d'apprendre à ne pas pleurer. Quand j'avais mal, quand j'étais déçu, frustré, quand il arrivait un quelconque malheur, je fermais les yeux, serrant mes paupières si fort que les larmes finissaient toujours par s'échapper. Des larmes salées comme l'eau de mer, éphémères comme la vie, et douces comme mon coeur.

Quand j'y repense, j'étais bien bête, moi le grand sentimental, moi qui riait nerveusement durant toutes les scènes larmoyantes des grands chefs d'oeuvres cinématiques auxquels j'avais assisté, moi qui me retenais de compatir au malheur des autres, moi qui fuyait les sentiments, les émotions, et toutes ces choses de la vie qui vous vidaient le coeur sur les joues...

Parce que j'avais peur du vide, en fait. Qu'il soit sous mes pieds ou dans mon coeur. Le vide, le néant, le gouffre, les abysses, la profondeur du rien, le plus d'espoir de l'humanité...

Pendant ce temps, ce qui lui permettait de vivre, à lui, c'était cette attitude, cette façon de ternir toutes les couleurs, cette aura de mélancolie qui le faisait vieillir avant l'âge. Très tôt, ça l'avait rendu raisonnable comme un adulte et sage comme un vieillard. J'étais un peu perplexe, mais je l'aimais bien, alors même s'il était toujours assis à laisser le temps lui passer dessus, je restais à ses côtés.

Il me parlait des fleurs qui fanent, des espèces en voie d'extinction, de la bêtise humaine, et de la planète qui allait si mal... Il me racontait l'histoire des personnes mortes, celles qu'il allait demander aux vieilles personnes du village. Elles lui parlaient de tout ce qu'il voulait, aussi perplexe que moi devant cette satisfaction recouverte de larmes que devenait son visage face aux récits les plus dramatiques.

Être malheureux, s'était son plus grand bonheur.
Un jour, il m'a dit qu'il ferait en sorte que je connaisse ce sentiment au moins une fois. Je lui ai répondu que, pour moi, ce qu'il ressentait, c'était comme quand j'étais heureux. Mais il a insisté, arguant qu'on ne pouvait pas remplacer une joie par une autre.
Pensif, je l'ai laissé dire. De tout manière, je n'étais même pas sûr d'avoir raison...

Tout ces souvenirs ne m'inspirent aujourd'hui qu'une profonde nostalgie, quelque chose de si doux, mais de tellement insupportable.
Tout me semble si lointain que j'en viens à me demander si cela c'est déjà produit, ou si une fois encore, mon imagination me joue des tours.
Ces pensées si impalpables qu'elles en deviennent irréelles m'assaillent à présent chaque jour de pluie, chaque jour où les couleurs se ternissent comme par un résidu de son aura de mélancolie déposé en fin voile sur tout le paysage.
Il avait tant pleuré que les couleurs de ma vie s'étaient peu à peu effacées, comme de la peinture à l'eau.

Je ne veux plus me souvenir, je suis si fatigué... je me sens si bien...

Au final, Takanori avait tenu sa promesse. Car peu après, il s'est jeté dans le vide, du haut de la falaise. Il s'est jeté dans le vide de son propre coeur, après avoir passé toute une vie à pleurer...
J'en avais pleuré, pleuré, pleuré, et pleuré encore. La douleur était insupportable, elle me broyait le coeur, l'estomac, et les poumons. J'ai longtemps souffert, jusqu'à ne plus rien ressentir d'autre qu'une profonde mélancolie...

Les soirs d'automne étaient les meilleurs, quand la lumière baissait, qu'il se mettait à pleuvoir de fines gouttelettes légères. Je me postais à la fenêtre, comme lui avant moi. Et je pleurais, je pleurais pour les fleurs qui fanent, pour les espèces en voie d'extinction, pour la bêtise humaine, et la planète qui allait si mal... je pleurais pour toutes les tragédies du monde... je pleurais pour tous les morts que personnes d'autres n'avaient pleuré... je pleurais avec les nuages, pour les remercier de la compassion du ciel...
Je pleurais tant et plus, et pourtant, je savais qu'au fond, je n'aurais pas pu me sentir mieux, que c'était le plus beau sentiment au monde. C'était à la fois inexplicable et pourtant si simple...

Malheureusement, depuis la perte de mon ami, mon estomac ne voulait plus vraiment digérer, ni mes poumons me laisser respirer...

J'ai regardé une dernière fois le petit papier qu'il m'avait laissé, avant d'écrire ma lettre d'adieu, résolu à partir dans le même état d'esprit.

J'ai gribouillé cette dernière phrase, avant de laisser le tout sur ma table de chevet.

Et je suis allé m'asseoir dehors, sur la petite terrasse devant ma chambre.

Mon fauteuil en osier a à peine grincé sous le poids des quelques kilos qu'il me restait.

Et j'ai entamé la longue attente qui me séparait encore de lui...

Au revoir, à bientôt, pour toujours, à jamais, adieu.
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